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Mes années train …
Nobody Said It was easy,
Chris Martin Coldplay
Tâtonnement
Mes années train ont commencées à bord d’un Cannes-Nice avec une fille dénommée Tiphaine qui préférait qu’on l’appelle Tiphoune à Tifaine ou Tiffany. A bord, 5 petites journalistes en partance pour un certain MAMAC voir une certaine exposition contemporaine avec un certain Gérald Thupinier, grand artiste de son temps, tout du moins dans mon cœur.
Ce train fut le premier de ma vie. Il m’emmena au bord de mer, d’un ville scintillante à une autre au fil des conversations que l’on peux bien avoir à cette période de nos vies où l’on a l’âge que tout le monde regrette ou rêve d’avoir. Johanna, petite fée clochette adepte de l’enretarisme-juste-ce-qu’il faut, entrain de s’embobiner avec Audrey, adepte de l’arrivée en avance si possible, sous les moqueries d’une Louise aucunement partisane. Tiphaine interloquée par ma première fois sur le réseau ferroviaire français, et moi, savourant, ce moment unique. Nous sommes arrivées au MAMAC juste à l’heure. Une première pour Johanna. Une première pour Audrey.
Prises de marques
Mes années train se sont poursuivis par un certain parti pris pour le bus, plus charmeur à mes yeux que le TER. En effet, les bus cannois m’emmenaient à Mc Do les soirs de débauche en compagnie de ma collègue franco-americano-bourrée Juliette. Subway, centre ville de cannes en plein festival, Fnac… bus, bus, bus.
Le train est alors synonyme de déchirure. Il m’emmène loin de cannes que j’apprends à dompter chaque jour un peu plus. Loin de Cannes la belle avec ses fêtes, sa plage, ses néons. Cannes l’impitoyable avec son inhumanité, et son élitisme. Le train m’emmène loin du journalisme qui me rentre sous la peau, contamine mon sang et me prend la tête. Loin de ces gens qui font mon quotidien, ma vie. Eux que j’apprends à connaître un peu plus à chaque instant de bonheur ou de tristesse. C’est ce qu’on dit, pour le meilleur ou pour le pire.
Le train, c’est aussi ce qui m’y ramène. A ces gens que je déteste le dimanche, à ce journalisme que je hais en ce jour, a cette ville qui m’étouffe. Ce train qui m’arrache à mon petit paradis, mon coin de campagne, m’enlève de mon chez moi, moment que j’ai vécu trop de fois, et surtout trop fort. Crescendo
J’aime autant que je déteste. Aussi fort, aussi passionnément. J’aime et je déteste les mêmes choses souvent. Mais le train, on m’a forcé à l’aimé. Ce train, toujours le même qui changea tant en deux ans. D’abord les trains avec jéjé-accroché au ipod, toujours funs et optimistes.
Les trains avec Doudou et Tiphoune qui se change en train de la mort, avec retour forcé en bus. Les trains boulots qui nous emmenèrent inexorablement à Nissa la bella. Les trains Chacha, avec une valise d’un mois pour partir un week-end. Et Christine dans son imitation parfaite de la voix SNCF : " Tim Toum Toum le train numéro 881732 en provenance de Lyon Pardieu et à destination de Bordeaux St Jean, départ initialement prévu à 15 h50 va faire son entrer en gare voie 2, éloignez-vous de la bordure du quai. La SNCF vous souhaite la bienvenue à l’intérieur du train Corail 881732, la compagnie des wagons libre vous propose dans sa voiture bar, voiture 3, une sélection de boisson fraîche, boissons chaudes… "
Puis tous ces trains que je n’ai pas pris, avec Gautier, train Politique, Fafa, train Musical, Jakub, train Polonais, Féfé, train Zygomate, Estelle, train Enfantin, Shéhérazade, train dou la connirie et Amélie, le train qui n’existera jamais. Hélas.
Osmose
Et ce train qui nous ramène inexorablement à Nice. Qu’on loupe, qu’on repousse. Les horaires qu’on consulte, les avis à pécher, jonglant entre téléphone, Msn, textos pour avoir tous le monde d’accord. Ces trains après qu’on attend des heures, qu’on réserve, on se trompe de date, de quai. Ces trains après lequel on court, un samedi soir trop arrosée sur Jean Médecin entre une crise d’asthme et la main autoritaire de Floriane toujours digne, même à 8 grammes. La sensation d’être vivante pour la première fois, en crachant mes poumons. Baptiste serein court toujours devant.
Ce train qu’on a tout fait pour loupé, mais qu’on a eu à une minute prés. L’adrénaline en prenant les tickets. Mélanie qui s’endort sur l’épaule de son anglais. Ludo qui roule, prévenez moi pour le contrôleur. Baptiste rouge et transpirant, mais toujours partant pour l’after à cannes. Flo, complètement déchirée à la sortie des toilettes mobiles Wouh !
Et ce dernier train Cannes-Mouans-Sartoux, comme une parenthèse qui se ferme. Entre partiels, semaine télé, fatigue et doutes, ce trajet de 20 minutes à pleurer de bout en bout. Ce train où ils m’ont tous manqué pour la première fois.
Evidemment ces années sont un train de métaphore. Pour ces gens, ces lieux, ces moments qui ont été mon monde, ma famille, ma vie, pendant tout ce temps. Comme dans ces films où tout commence où se finit en se quittant sur un quai de gare. Mes années trains ont été merveilleuses. Je repenserais toujours à ces gens avec qui je les aient partagées en foulant le sol d’un quai de gare. Partout je l’ai emmènerais avec moi, mes années journalisme, mes années Cannes, mes années eux, mes années vous. Où que je sois et où que j’aille je vous emmènerais, car il y a ce petit train dans mon cœur, et vous êtes tous dedans. Désormais, ce petit train fait partie de moi, chaque seconde de chaque jour, il me définit, me conjugue. Si je fais des fautes, c’est que c’est si bon de se planter parfois de train pour aller vers l’inconnu.
Au plaisir de vous revoir, un jour, par hasard sur le quai de la gare.
Flo